Relevés Linky et devis

Exporter la courbe Linky avant un devis de panneaux solaires

L'index annuel du compteur Linky additionne matin, soir et jours vides. Exportez la courbe de charge avant de comparer un devis de panneaux solaires : elle montre si la maison tire vraiment à midi.

Claire Martin

Par Claire Martin · Publié le 28/08/2026 à 17h05 · Mis à jour le 28/08/2026 à 17h18

Toiture résidentielle avec panneaux photovoltaïques destinés à l'autoconsommation

Le commercial demande votre consommation annuelle. Vous ouvrez l'espace Enedis, ou vous vous penchez sur le compteur Linky dans le garage. L'index en kWh est là. Il additionne le matin, le soir, l'hiver et les jours où la maison est vide.

Les panneaux solaires produisent surtout entre 10 h et 16 h. Avant de comparer un devis, exportez la courbe de charge. Elle montre quand le logement tire vraiment. L'index seul ne le dit pas.

L'index annuel mélange trop d'heures pour dimensionner le toit

Deux maisons peuvent afficher 6 000 kWh par an et n'avoir rien de comparable à midi. L'une vide de 8 h à 19 h. L'autre en télétravail, avec un ballon qui chauffe encore la nuit. Le même kWc proposé sur ces deux profils n'a pas le même surplus.

Photovoltaique.info le rappelle pour le résidentiel : la production arrive au milieu de la journée, souvent quand le logement est vide. Les simulations Hespul de 2024 situent souvent l'autoconsommation naturelle entre 20 et 40 %, selon la consommation annuelle et la puissance posée.

Un devis calé seulement sur le total de la facture applique une moyenne. Il peut coller. Il peut aussi poser trop de kWc pour un foyer absent le jour.

Depuis l'espace client Enedis, un site de 36 kVA ou moins équipé d'un Linky peut fournir :

  • l'historique de consommations ;
  • les index quotidiens et la puissance maximale quotidienne ;
  • la courbe de charge au pas de 30 minutes, si la collecte est activée ;
  • la puissance souscrite et l'option tarifaire (base, heures pleines / heures creuses) ;
  • le numéro de PDL ou PRM à 14 chiffres, déjà sur la facture.

Enedis indique que ces données de mesure sont accessibles depuis l'espace client. La collecte de la courbe de charge s'active ou se désactive dans la gestion des données. Sans activation, vous n'aurez souvent que des index journaliers.

Gardez au minimum douze mois de consommation, plus quelques semaines de courbe 30 minutes en hiver, en été et un jour de présence. Un pic de nuit trahit souvent un ballon heures creuses : le surplus de midi n'ira pas dans l'eau chaude tant que le contacteur reste en jour/nuit.

La courbe de charge sert au devis, pas à lire une production

Avant la pose, le compteur Linky ne mesure aucune production photovoltaïque. Il mesure le soutirage. La simulation a besoin de cette courbe, pas d'une photo de l'écran.

Le pas de 30 minutes montre les creux de journée et les pics du soir. Un plateau bas entre 11 h et 15 h signale un surplus probable dès 3 kWc. Un talon plus haut, avec ballon ou atelier en journée, justifie de comparer une puissance plus large.

Relevez aussi la puissance souscrite affichée sur le Linky, souvent 6, 9 ou 12 kVA. Photovoltaique.info note que le disjoncteur de branchement limite aussi la puissance injectable. Un devis à 9 kWc sur un branchement 6 kVA peut entraîner des travaux Enedis. Au-delà de 6 kVA injectés, un passage en triphasé peut s'ajouter. Faites écrire cette vérif.

Demandez que le devis sépare trois volumes : électricité consommée sur place, surplus injecté, kWc proposé. Sans cette séparation, un projet d'installation de panneaux solaires se compare surtout sur un prix.

Si deux devis affichent le même 6 kWc sans recoupe horaire, ils ne sont pas comparables. Le total annuel reste utile, mais il ne choisit pas la puissance tout seul. Le cas 5 000 kWh et le choix de puissance le montre déjà.

Pour lancer la comparaison, utilisez le formulaire de recherche.

Après raccordement, l'index d'injection n'est pas la production

Une fois les panneaux raccordés en autoconsommation avec vente du surplus, Photovoltaique.info décrit un seul compteur Linky qui compte dans les deux sens.

À l'écran, deux index : consommation (soutirage) et injection (surplus). L'injection, ce sont les kWh que la maison n'a pas utilisés au moment où le toit produisait.

La production brute des modules n'apparaît pas sur ce compteur. Elle se lit sur l'onduleur ou le monitoring. La production se calcule en additionnant les kWh consommés sur place et le surplus injecté. Le Linky ne voit que le second terme, plus le soutirage restant.

Plusieurs pages commerciales appellent production l'index d'injection. En vente totale, Enedis pose un second compteur côté production. Le schéma d'une maison en autoconsommation reste un seul compteur.

Après mise en service, l'index d'injection sert à la facture EDF OA. Il ne rattrape pas un devis calé sur un mauvais profil. Le raccordement Enedis vient après la pose. Les relevés utiles au dimensionnement se prennent maintenant.

Exportez la courbe, envoyez-la à deux ou trois installateurs, et écartez une offre qui ne recoupe pas midi avec vos usages. Le blog rassemble les autres contrôles toiture, puissance et raccordement.

Claire Martin

Claire Martin

Rédactrice énergie solaire

Claire suit les sujets autoconsommation, aides et choix de devis pour les particuliers qui veulent installer des panneaux photovoltaïques sans se faire embarquer trop vite par un argument commercial.