Une borne 7,4 kW n'attend pas 7 kWc de panneaux pour démarrer. Ces deux chiffres ne parlent pas de la même chose. La borne décrit la puissance maximale qu'elle peut tirer du tableau. Les panneaux décrivent une puissance crête, atteinte seulement par beau temps, avec un toit bien orienté.
Le piège arrive souvent dans les devis. On ajoute une wallbox 7 kW à une toiture de 3 ou 6 kWc, puis on promet une recharge solaire. Sans surplus au moment où la voiture est branchée, c'est surtout le réseau qui alimente.
Avant de comparer les totaux, séparez trois grandeurs : la puissance de la borne, la production instantanée du toit, et la consommation déjà en marche dans la maison.
kW de borne et kWc de toiture restent deux mesures distinctes
Une borne résidentielle courante affiche 3,7 kW, 7,4 kW ou 11 kW. Le 7,4 kW correspond à 32 A en monophasé. Le 11 kW demande en pratique du triphasé. Une borne 22 kW n'a aucun intérêt sur un compteur monophasé classique.
Les panneaux, eux, sont vendus en kWc. En France, un kilowatt-crête produit en moyenne autour de 1 100 kWh par an, davantage au sud, moins au nord, d'après les ordres de grandeur ADEME et le rapport IEA PVPS France 2025. Une toiture de 3 kWc peut donc livrer 2 700 à 4 200 kWh sur l'année selon le site. Ce total annuel ne dit pas la puissance livrée à 13 h un mardi de mars.
À midi, un champ de 6 kWc bien exposé peut produire 4 à 5 kW. Le réfrigérateur, la box, parfois un ballon ou une pompe tournent déjà. Le surplus restant, souvent 2 à 4 kW, est la seule énergie vraiment disponible pour la voiture. Si la borne reste calée à 7,4 kW, le réseau comble la différence.
La recharge solaire utile commence donc par un pilotage. Certaines bornes abaissent le courant selon le surplus mesuré. D'autres se contentent d'un contact on/off. Sans mesure au tableau, la voiture tire ce qu'elle peut, solaire ou pas.
Beaucoup de véhicules refusent aussi une charge trop faible. Un surplus de 800 W ne démarre pas une session. Demandez le courant minimal de la borne et du véhicule, souvent autour de 6 A, soit près de 1,4 kW en monophasé.
La voiture doit être là quand le toit produit
L'autoconsommation photovoltaïque est instantanée. Photovoltaique.info le rappelle : le compteur compte dans les deux sens, et la part consommée l'est au moment de la production, sauf stockage. Une voiture au bureau de 8 h à 18 h n'absorbe presque rien du pic solaire.
Hespul, via Photovoltaique.info, situe souvent le taux d'autoconsommation naturelle d'un logement entre 20 et 40 %, hors usages déplacés. Une borne n'améliore ce taux que si le véhicule est réellement branché en journée.
Un trajet quotidien de 40 km, à 15-18 kWh/100 km, demande 6 à 8 kWh. En été, une toiture de 3 à 6 kWc peut fournir cet ordre de grandeur sur une journée ensoleillée, à condition que la maison n'ait pas déjà tout pris. En hiver, la même toiture produit nettement moins. Le devis doit montrer une simulation mensuelle, plutôt qu'un total annuel.
Ajouter une batterie domestique ne recharge pas magiquement une voiture absente. Elle peut déplacer un peu d'énergie vers le soir. Pour un usage voiture, le premier levier reste l'horaire de branchement, pas le stockage.
Un calcul d'autoconsommation utile part donc du kilométrage réel, des jours où la voiture reste à la maison, et de la courbe de production. Un ratio commercial du type "1 kWc pour 1 000 km" ne remplace pas cette lecture.
Tableau, délestage et puissance souscrite
La borne s'ajoute à la maison. Un abonnement 6 kVA tient souvent le logement, pas le logement plus 7,4 kW. Enedis indique qu'une puissance disponible d'au moins 9 kVA est un minimum pour envisager un point de charge 7,4 kVA en habitation. Vérifiez la puissance souscrite actuelle avant d'accepter une wallbox "incluse".
Le tableau électrique peut devoir recevoir un circuit dédié, un différentiel adapté et, souvent, un délestage. Sans lui, le four, le ballon et la borne peuvent faire disjoncter. Avec lui, la borne baisse d'elle-même quand le logement tire trop.
Le monophasé ou le triphasé change aussi le plafond. En injection, Enedis limite le monophasé à 6 kVA. Une toiture plus puissante reste possible, mais le raccordement, l'onduleur et l'équilibrage des phases doivent être écrits. Une borne 11 kW sur une seule phase d'un triphasé déséquilibre le tableau.
La qualification IRVE de l'électricien et l'attestation Consuel du photovoltaïque sont deux dossiers. Un devis qui mélange les deux sans les séparer rend la comparaison impossible.
Exigez une puissance photovoltaïque en kWc, une production annuelle et mensuelle, et une hypothèse d'usage voiture : kilomètres, jours de présence, kWh visés. Sans ces trois blocs, le 7 kW de la borne n'est qu'un argument.
Faites chiffrer à part la borne, le câble, le circuit, le délestage, un éventuel passage d'abonnement et le raccordement Enedis des panneaux. Un total unique cache souvent le vrai coût.
Demandez aussi le mode solaire : mesure du surplus, courant minimal, priorité maison ou voiture. Une borne "compatible solaire" sans capteur n'adapte rien.
Une installation à 3 kWc peut couvrir une partie des trajets courts si la voiture charge au soleil. Un 6 ou 9 kWc devient pertinent quand le logement, l'eau chaude et le véhicule consomment ensemble en journée. Le bon devis le montre sur votre toiture, pas sur une moyenne nationale.
Pour relier puissance, orientation et raccordement à un chiffrage local, utilisez la recherche d'installateurs ou la page installation de panneaux solaires. Parcourez aussi le blog pour préparer les questions avant la visite technique.
Journaliste conso énergie
Sophie traite les angles budget, rentabilité, contrats et vigilance conso. Son objectif : aider à comparer plusieurs devis avant de signer.