Une pompe à chaleur ne donne pas, à elle seule, la puissance de panneaux solaires à poser. Une PAC annoncée à 8 ou 10 kW parle de chaleur fournie au logement. Vos panneaux doivent être comparés à l'électricité réellement appelée par l'appareil, exprimée en kWh sur l'année et en kW à l'instant où il fonctionne.
Le piège arrive en hiver. La PAC consomme le plus pendant les journées froides, alors que le photovoltaïque produit moins. Une installation solaire peut donc réduire une partie de sa consommation annuelle sans couvrir le chauffage au moment où le réseau est le plus sollicité. Demandez une simulation par mois. Un pourcentage annuel seul masque cette différence.
Ne confondez pas puissance de chauffage et consommation électrique
La puissance thermique inscrite sur une PAC correspond à la chaleur qu'elle peut délivrer dans des conditions données. Son compresseur absorbe une puissance électrique différente, qui varie avec la météo, la température de départ d'eau et le réglage de l'installation. Le COP ou le SCOP donne un repère de rendement, mais ne remplace pas vos données de fonctionnement.
Commencez par récupérer douze mois de consommation, idéalement avec les données du compteur si elles permettent de distinguer les heures. Si la PAC chauffe aussi l'eau chaude sanitaire, notez-le. L'été, cette fonction peut créer une consommation en journée qui coïncide mieux avec les panneaux. Le chauffage reste concentré sur la saison où la production baisse.
L'ADEME conseille un bilan thermique avant la pose d'une PAC. Cette étape compte aussi pour le solaire : si vous isolez le logement ou remplacez des émetteurs ensuite, les besoins de chauffage changent. Un devis photovoltaïque bâti sur une ancienne facture peut alors être trop grand pour les usages futurs.
Relevez les données qui changent le devis
Une facture annuelle ne suffit pas à comparer deux propositions. Préparez les informations ci-dessous avant le rendez-vous ou demandez à l'installateur de les recueillir :
- consommation électrique totale sur douze mois et, si possible, courbe de charge du compteur ;
- consommation estimée de la PAC pour le chauffage, l'eau chaude et le rafraîchissement quand elle est réversible ;
- puissance électrique absorbée et référence exacte de la PAC ;
- température de consigne, programmation actuelle et éventuel ballon d'eau chaude ;
- travaux d'isolation prévus, véhicule électrique, piscine ou autre usage important en journée ;
- orientation, ombrage et surface réellement disponible sur la toiture.
Le calcul de base reste utile : une puissance de 2 kW appelée pendant trois heures correspond à 6 kWh. Mais ce total ne dit pas si ces trois heures tombent à midi en avril ou à 7 heures un matin de janvier. C'est cette répartition qui décide de la part directement autoconsommée.
Un installateur sérieux doit pouvoir présenter une production estimée mois par mois, pas uniquement un total annuel en kWh. Faites aussi préciser les hypothèses : localisation, orientation, inclinaison, pertes liées à l'ombrage et profil de consommation retenu. Deux devis à 6 kWc peuvent avoir des résultats très différents si l'un suppose une maison vide la journée et l'autre une PAC pilotée.
Le pilotage peut aider, mais il ne fabrique pas du soleil en hiver
Programmer certains usages de la PAC en milieu de journée peut augmenter l'électricité solaire consommée sur place. Cette option dépend du modèle de PAC, de sa régulation, de l'inertie du logement et des limites de confort. Une montée de consigne arbitraire pour absorber un surplus peut dégrader le confort ou augmenter les pertes du bâtiment.
Un ballon d'eau chaude peut aussi recevoir une part du surplus lorsque le matériel et le schéma hydraulique le permettent. Il faut alors demander qui fournit le pilotage, quelles mesures il utilise et ce qui se passe si la production chute. Ne signez pas une ligne de gestion intelligente sans référence d'équipement, sans scénario de fonctionnement et sans coût séparé.
La batterie n'efface pas le décalage entre un excédent d'été et les besoins de chauffage d'hiver. Elle peut déplacer de l'électricité sur quelques heures selon sa capacité et sa puissance de sortie. Comparez-la à vos usages de soirée et à son prix, au lieu de la présenter comme un complément automatique de la PAC.
Comparez trois scénarios avant de choisir la puissance
Pour un même toit, demandez au moins trois simulations : une puissance plus basse, la puissance recommandée et une puissance supérieure. Chacune doit afficher la production annuelle et mensuelle, la part autoconsommée, le surplus injecté et les hypothèses de consommation de la PAC. Vous verrez vite si quelques panneaux supplémentaires couvrent encore un besoin présent en journée ou s'ils augmentent surtout le surplus estival.
Comparez ensuite les lignes de pose, d'onduleur ou micro-onduleurs, de pilotage et de raccordement. La page installation de panneaux solaires détaille les éléments d'un projet à faire chiffrer. Pour confronter plusieurs hypothèses de toiture et de consommation, partez du formulaire de devis solaire. Le blog Enecopro rassemble aussi les repères sur l'autoconsommation et le surplus.
Une puissance cohérente correspond à votre toiture, à vos consommations et à leur calendrier. Avec une PAC, la comparaison doit rendre visible le décalage entre l'hiver et l'été. C'est ce document qui permet de trancher, pas la seule puissance affichée sur l'unité extérieure.
Conseiller technique photovoltaïque
Marc vulgarise les points techniques qui changent vraiment un projet solaire : surface disponible, puissance, triphasé, Consuel, batterie et contraintes de pose.