Vous avez un devis de panneaux solaires sous les yeux, votre facture affiche une option heures creuses et le ballon électrique chauffe la nuit. Le lien paraît évident : déplacer le ballon sur les heures creuses devrait améliorer l'autoconsommation. Pourtant, une plage tarifaire nocturne ne dit rien sur la puissance photovoltaïque à installer ni sur le surplus de midi.
Pour comparer sans mélanger ces sujets, il faut transmettre la courbe Linky, les usages présents en journée et les horaires réels du ballon. Le devis devra ensuite séparer production, autoconsommation et surplus. Le dossier photovoltaïque d'Enecopro et sa page sur l'installation de panneaux solaires servent de point de départ pour préparer ces éléments.
L'option heures creuses ne choisit pas la puissance des panneaux
Les heures creuses indiquent une période de facturation du kWh du réseau. Les panneaux solaires, eux, produisent selon l'ensoleillement, l'orientation du toit, l'inclinaison, les ombrages et la puissance installée. Le prix horaire ne fournit donc pas la courbe nécessaire pour choisir des kWc.
Enedis précise que le client ne choisit pas librement sa plage d'heures creuses. Enedis la définit selon les contraintes locales et le fournisseur la communique. Une mention HP/HC sur la facture ne permet donc pas de déduire une plage utile pour le solaire.
La réforme engagée le 1er novembre 2025 se déploie progressivement. Enedis et la CRE maintiennent 8 heures creuses par jour. Le nouveau cadre prévoit au moins 5 heures consécutives la nuit, avec jusqu'à 3 heures possibles entre 11 h et 17 h selon la situation. Cela ne signifie pas que chaque foyer dispose déjà d'heures creuses en journée.
La FAQ de la CRE rappelle aussi que les heures creuses peuvent ne pas coïncider exactement avec le pic photovoltaïque. Le devis ne peut donc pas remplacer l'observation de la consommation réelle par une simple hypothèse d'horaires.
Une plage en journée peut aider un usage, pas fabriquer un surplus solaire
Un ballon électrique programmé uniquement la nuit consomme quand les panneaux ne produisent pas. Si Enedis attribue une plage de journée qui recouvre une partie de la production et si le ballon peut fonctionner à ce moment-là, une part de cette énergie peut être consommée sur place. Le résultat dépend de la présence du logement, de la puissance de la résistance et de la programmation autorisée.
Une plage nocturne reste utile pour le prix du réseau, mais elle ne crée aucun usage solaire à midi. Même avec une plage de journée, la production varie avec la saison, la météo et l'orientation du toit. Le chauffe-eau électrique mérite donc une ligne distincte dans le devis, avec son contacteur, sa puissance et le mode de pilotage prévu.
Une pompe, une borne ou un autre appareil programmable pose le même problème. Une plage tarifaire peut déplacer la demande, mais elle ne garantit ni une consommation au moment de la production ni une baisse du surplus. Le calcul de l'autoconsommation photovoltaïque doit mettre en regard les usages horaires et la production estimée.
Un devis sérieux ne présente pas un seul total annuel. Il distingue la production photovoltaïque, l'électricité consommée directement dans la maison et le surplus injecté ou traité selon l'option retenue. Sans cette séparation, l'effet annoncé des heures creuses reste impossible à contrôler.
Les données à transmettre et les lignes à exiger dans le devis
Votre demande de devis sera beaucoup plus exploitable si vous joignez les données suivantes. Elles évitent de dimensionner le toit à partir de la seule consommation annuelle :
- l'option Base ou HP/HC et les horaires indiqués pour votre point de livraison, sans les déduire d'un calendrier général ;
- la courbe de charge ou les données disponibles dans votre espace Enedis, ainsi que l'index annuel utilisé pour la comparaison ;
- la puissance souscrite et les appareils qui tournent en journée, comme le ballon, la pompe, la borne ou un atelier ;
- les horaires de présence, les possibilités de programmation et la puissance du ballon ou de chaque usage pilotable ;
- la puissance photovoltaïque en kWc, le nombre de modules, le plan de pose, l'orientation et les hypothèses d'ombrage ;
- la production annuelle estimée, l'autoconsommation, le surplus et le traitement prévu pour chaque scénario d'usage.
La page Enedis sur les données de consommation et de production permet de vérifier les données accessibles et les modalités de gestion ou de partage proposées pour votre compteur. Le dossier sur la courbe Linky avant un devis explique pourquoi un index annuel ne remplace pas une lecture horaire.
Exigez aussi une hypothèse écrite sur l'impact des heures creuses : plage retenue, usage déplacé, puissance appelée, période de production concernée et limite en cas de météo défavorable. Si le devis promet une meilleure autoconsommation sans montrer la production et le surplus séparément, il manque la pièce qui permet de comparer les offres.
Pour transmettre vos relevés, vos horaires et vos contraintes de toiture, préparez votre projet solaire. Le critère de comparaison est simple : retenir un devis qui relie vos données réelles à une puissance, à un usage et à un traitement du surplus clairement écrits.
Journaliste conso énergie
Sophie traite les angles budget, rentabilité, contrats et vigilance conso. Son objectif : aider à comparer plusieurs devis avant de signer.